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Les yogis d’aujourd’hui, tous fana d’anatomie

9/13/2018

L’année 2018 fut pour moi une année d’étude intense. Et surtout en anatomie. Car plus j’avançais dans ma pratique et dans l’enseignement du yoga, plus je croisais d’articles, de tutoriels et de vidéos de professeurs décortiquant le corps en mouvement.

 

Si je savais nommer les principaux muscles, os et articulations du corps, je me sentais perdue face aux termes précis employés et empruntés au domaine médical. Les injonctions de certains à étudier le corps sous la surface de la peau pour « bien » pratiquer les asanas (postures) me culpabilisaient presque.

 

Étais-je une mauvaise professeur si je m’en tenais à mes connaissances superficielles en anatomie ? Peut-être. En tout cas, ce champ d’étude m’intéressait et je m’y suis jetée à corps perdu. J’ai potassé, suivi des formations ciblées. Et puis… j’en suis revenue (un peu).

Yoga et anatomie, deux domaines toujours plus liés

 

L’évolution contemporaine de la pratique du yoga, de plus en plus focalisée sur les asana (postures), va de paire avec une connaissance toujours plus poussée du fonctionnement du corps humain. 

 

De plus en plus de professeurs de yoga s’attaquent au corps en mouvement. Ils dissèquent les conséquences d’une postures sur chaque articulation, chaque muscle et sur toutes sortes de tissus. Conséquence directe de ces recherches : ces enseignants s’évertuent à montrer les limites des méthodes modernes (dites "traditionnelles") de yoga, alors jugées archaÏques et mal renseignées. Comme s'il fallait tout démonter pour reconstruire une pratique 2.0.

 

Les cours de yoga deviennent de plus en plus techniques, au fur et à mesure que les séances se concentrent quasi uniquement à la pratique posturale. Les enseignants ajoutent des indications plus précises pour le mouvement, quitte à employer des termes obscurs au premier abord pour les élèves comme « protraction », « rotation externe », etc., en plus des indications de placement et d’alignement classiques.

 

Idem sur internet. Beaucoup de professeurs produisent des contenus, des tutoriels par exemple, pour expliquer comment mieux bouger. Plus encore, ils démontrent comment parfaire l’exploitation du mouvement, histoire d’être plus efficient. 

 

Le yoga, un outil thérapeutique pour le corps

 

Cette façon d’utiliser l’anatomie comme outil thérapeutique n’est pas nouvelle.  À Pune, au XXe siècle, B.K.S Iyengar le présentait déjà ainsi via ses enseignements et son institut de recherche. Il fut peut-être le premier à cataloguer les asana et les disséquer, pour en tirer des leçons sur le "bon alignement", "la bonne respiration", "le bon placement", pour faire du corps un outil performant et "sain". 

 

Si B.K.S Iyengar était trop catégorique dans son approche de la "bonne" posture (n'oublions pas que tous les corps ne se ressemblent pas), les professeurs actuels fana d'anatomie nous éduquent et tant mieux ! Ils nous éduquent quant aux diverses façons d'utiliser le corps pour élargir notre panel de mouvements dans la pratique, en impliquant davantage de tissus, de mobilités, etc. Ils nous instruisent aussi sur la merveilleuse et complexe architecture du corps humain.

 

Et il est effectivement important de se pencher sur la physiologie tant certaines méthodes modernes et contemporaines de yoga requièrent des prouesses athlétiques. Cela permet aussi de prévenir les blessures à court et surtout à long terme, pour ainsi éviter un vieillissement précoce du corps.

 

Car avec l'augmentation du nombre d'élèves chaque année, croît aussi le nombre de blessés dans la discipline. En 2017 - 2018, un pratiquant sur dix souffrirait de douleurs musculaires et articulaires, surtout dans le haut du corps, suite à des séances répétées de yoga, selon une étude publiée en 2018 de l’université de Sydney.

 

Limites d'une dissection froide du corps humain

 

Les blessures des pratiquants sont-elles vraiment dues au manque d’éclairage sur l’anatomie du corps en mouvement ? Faut-il blâmer les professeurs qui pèchent eux-mêmes dans ce domaine ?

 

Pas sûre, non. À force de disséquer le corps comme un outil, la pratique du yoga en devient froide et chirurgicale. Le corps devient un outil mécanique complètement intellectualisé. 

 

Mais en yoga, il y a avant tout l’écoute et l’instinct/l'intelligence du corps.

Il y a l’exploration.

Le processus de différenciation entre l’inconfort de la nouveauté, qui surprend et challenge le corps, et la douleur.

Et il n’y a surtout pas besoin de passer son diplôme de médecine.

 

S’il vous arrive de souffrir dans les postures, c’est probablement que vous n’écoutez pas votre corps qui vous parle. Vous allez certainement trop loin, trop vite, trop fort. Prenez un support, pliez le genoux, bouger le pied d’un centimètre, explorez le placement et l’alignement pour trouver comment maintenir la posture selon vos capacités et votre physionomie.

 

C’est l’ego qui blesse, pas le manque de connaissances en anatomie.

À bientôt sur le tapis,
Marie.

Photo : Mathieu Normand.

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