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Peut-on pratiquer deux méthodes de yoga à la fois ?

10/10/2017

Depuis un an, j’ai l’impression d’être un peu schizophrène. Je pratique, contre l’avis de plusieurs professeurs rencontrés sur mon chemin, deux styles de yoga. Deux méthodes traditionnelles, les yoga Ashtanga et Iyengar. En plus de cela, j’enseigne le Ashtanga Vinyasa, parfois appelé simplement Vinyasa, Vinyasa Flow et autres noms désignant tous une pratique moderne des asana (postures) développée essentiellement en Occident.

 

Les maîtres, les professeurs et les pratiquants stars de chaque méthode affirment qu’il est nécessaire de n’en pratiquer qu’une à la fois et de s’y dévouer. 

Les intentions et les buts de ces méthodes sont pourtant les mêmes : réalisation du Soi, unification du Soi au monde alentour, ressentir, prendre du recul pour mieux observer et apprécier. Alors pourquoi choisir ? Parce que les procédés pour atteindre ces buts diffèrent plus ou moins. 

 

Les différences entre yoga Iyengar et Ashtanga

 

Développée par B.K.S Iyengar, jeune homme autrefois chétif et raide, la méthode thérapeutique Iyengar s’adresse à tous : avec force de supports, les postures sont adaptées à toutes les physiologies, à diverses pathologies, à tous les corps pour que chacun puisse réussir une version de la posture, sans compromettre l’alignement requis. Plutôt considérée comme statique, bien que le pratiquant ajuste constamment par millimètre et en détails la posture pour l’emmener plus loin, la méthode Iyengar met en début d’apprentissage l’accent sur la rigueur de l’alignement et la connaissance de son anatomie.

 

Le système du Ashtanga, si l’on sent tient là aussi uniquement aux asana, se concentre davantage sur la fluidité des enchaînements, la synergie entre la respiration (primordiale dans ce procédé), le mouvement et la direction du regard, qui aide à se concentrer. Les professeurs se préoccupent moins de l’alignement parfait de la posture, qui s’installe lentement à force de pratique et de répétitions, que de méditer en mouvement.

Deux méthodes qui se complètent

 

Depuis ce début d’année, donc, j’étais persuadée qu’il me fallait choisir entre l’une de ces deux écoles de yoga. En témoigne les parcours de professeurs connus et respectés, comme Iain Grysak, qui a arrêté le Iyengar du jour au lendemain pour se consacrer exclusivement au Ashtanga. 

Je pensais aussi que seul un choix clair et tranché me permettrait d’explorer pleinement le yoga, au lieu de me disperser et de me perdre en piochant de-ci de-là.

Et puis, j’avais aussi envie d’appartenir à une communauté. Seulement, en yoga, Ashtanga et Iyengar sont assez exclusifs. 

Résultat, je me sentais en marge de l’orgueilleux clan des Ashtangis et en dehors du cercle très fermé des pratiquants de Iyengar (dont les formations exigeantes et sélectives paraissent exclusives).

 

Depuis quelques semaines pourtant, j’ai fait la paix avec mon indécision. Je l’ai embrassée. Et j’ai enfin réussi à écrire cet article sur ma pratique binaire du yoga. 

Selon mon expérience (certes relativement courte), chacune des deux méthodes enrichi l’autre. Toutes deux m’enrichissent moi. Prises séparément, elles ne me permettent pas complètement de m’exprimer et de m’épanouir. 

 

Le yoga Iyengar résonne avec mon côté perfectionniste, men envies d’écouter mon corps et d’en explorer sur le moment les moindres recoins jusqu’à toucher du doigt mes limites. C’est un travail d’exécution précis et rigoureux, qui vient de l’intérieur pour prendre forme à l’extérieur.
Quand je pratique la première série de Ashtanga, je libère au contraire un instinct plus animal grâce à une pratique dynamique qui décuple ma respiration (en la rendant plus profonde, plus lente et plus longue), ma concentration, ma présence. Je fais taire les bruits parasites, les doutes, les questionnements, je lâche prise pour m’immerger dans l’instant présent.

 

Un exemple, Trikonasana (voir image ci-dessus)

 

Aujourd’hui, en tout cas pour l’instant, je ne conçois plus ma pratique du yoga sans ces deux styles. Parfois encore, oui, mon esprit bute lors d’une séance de yoga sur la méthode à adopter. Selon les jours et ma forme, dans la posture Trikonasana par exemple, je me demande s’il me faudrait aller chercher une connexion en attrapant mon gros orteil avec l’index et le majeur, même si mes bords de buste ne sont pas parallèles au sol, comme l’exige la méthode d’apprentissage Ashtanga traditionnelle. Ou pourrais-je poser ma main sur ma cheville, comme en Iyengar ? Ces questionnements sur des détails de procédé sont de plus en plus absents. Car j’écoute moins mon intellect et plus mon corps. Je me fis à mon ressenti, à mon humeur, ma fatigue et je pratique en conséquence. Après tout, sur le (très) long terme, les résultats sont les mêmes. Et je ne compte pas m’arrêter demain.

 

Bonne pratique !

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