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Débuter la méditation (partie 1)

2/12/2017

Qu’est-ce que la méditation ? Selon le Ashtanga, au fondement de tous les yoga modernes (dont le Vinyasa), la méditation est un état atteint par le yogi (et par étapes) lors de son cheminement vers la réalisation de Soi. Souvenez-vous, la philosophie ashtangi préconise de suivre 8 étapes : yama (conduite morale qui condamne le mensonge, la violence, le vole, l’avidité), niyama (repose sur la discipline, l’ascèse, le contentement, l’étude), asana (la pratique de postures dans lesquelles le yogi se sent stable et confortable), pranayama (grâce à une longue pratique des étapes précédentes, le yogi apprend à contrôler sa respiration jusqu’à pouvoir la retenir), pratyahara et les trois derniers concernant la méditation (dharana, dhyana, samadhi - l’éveil). Il faudrait passer des heures à discerner chaque « membre » (asta = huit et anga = membre), mais ce parcours montre bien que la méditation est le stade le plus avancé, et aussi le plus difficile, de la pratique du yoga. 

 

Grosso modo, les trois étapes de la méditation sont :

Dharana : La concentration de l’esprit sur un seul objet, en faisant abstraction de tout le reste (environnement, pensées, etc.).

Dhyana : La contemplation de cet objet de méditation.

Samadhi : … concept que je ne détaillerai pas, de peur de mal l’interpréter, parce qu’il est trop abstrait pour mon esprit !

 

Oui, difficile de vous parler de méditation « profonde » alors que j’effleure moi-même à peine la première strate de cet exercice complexe. Il faut des mois, voire des années de pratique pour réussir ne serait-ce qu'à focaliser toute son attention sur un objet. 

Les débuts

Tous ceux qui ont essayé peuvent témoigner : les débuts en médiation se révèlent souvent laborieux. Assis en tailleur, sur un coussin ou non, le débutant tient difficilement sa position plus d’une ou deux minutes avant de s’affaisser, de ressentir une gêne physique, un nerf ou un muscle le titiller. Et si vous résistez à la bougeotte, il y a fort à parier que vous vous laisserez inonder de pensées en tous genres (des évènements passés, d’autres à venir, des tâches à accomplir, etc.). Il y a les bruits parasites, un bruit de fond que vous laissez vous envahir sans vraiment le réaliser, et les pensées provoquées, celles qui visent souvent à combler le vide, le silence ou l’ennui.

 

L’inconfort corporel peut être dû à une faiblesse physiologique (manque de gainage, maux aux lombaires, etc.). Mais il peut aussi être une simple manifestation physique d’un esprit agité.  Le monde moderne encourage, voire idolâtre, le productivisme à tout prix. Chaque action doit présenter un gain, doit servir à obtenir un résultat. 

 

[PARENTHÈSE / D’ailleurs, n’êtes-vous pas frustré que je n’ai pas répondu en introduction à la question : Qu’est-ce que la méditation apporte ? Ou, formulé en d'autres termes : « À quoi ça seeeeert ? »] 

 

Avec le développement des technologies, l’humain moderne est toujours plus collé à ses divers écrans et il multiplie donc les tâches simultanées. Dès lors, un instant de pause, de silence, d’immobilité comme la méditation peut se révéler paralysant, culpabilisant, inutile. Il s’agit pourtant d’accéder au bien-être !

 

Bref. Parce que j’étais bien déterminée à justement perdre mon temps, à m’occuper de moi, à en finir avec mon incapacité à tolérer la moindre seconde de silence, j’ai décidé de sérieusement me mettre à la méditation. C’est-à-dire régulièrement. C’est-à-dire tous les jours. Voici ce qui fonctionne pour moi, peut-être autant de pistes à explorer pour vous. 

 

> Éviter les alarmes

Lors de mes premières séances de méditation seule chez moi, le plus courantes, je mettais une alarme. Je m’obligeais ainsi à méditer 5, 10 ou 15 minutes. Ce que j’estimais être le minimum pour « vraiment méditer ». J’avais l’impression de cocher une case, de bien faire mes devoirs. Seulement, je passais la moitié de ce temps à attendre impatiemment que l’alarme sonne. Résultat : je me stressais, je trépignais et j’implorais la fin de la séance. Donc, j’ai viré l’alarme. 

 

Les fois suivantes, j’ai commencé à méditer jusqu’à être incapable de me concentrer sur mon objet. Je n’étais pas surprise de constater de tenir parfois à peine trois minutes. Petit à petit, la pratique aidant, j’ai réussi à augmenter ce temps sans vraiment y prêter attention. Aujourd’hui, selon mon état d’esprit / mon état de fatigue, je médite dix à vingt minutes. Ça varie tous les jours ! L’intention est là, la pratique est constante et je ne m’impose rien.

 

> Fuir les méditations guidées

Il existe aujourd’hui de nombreuses applications pour débuter en méditation. Certaines d’entre elles proposent des séances guidées d’une dizaine de minutes. Via ces séances, une voix vous aide à ressentir votre respiration, à concentrer votre attention, à observer l’effet des inspirations et des expirations sur votre corps. D’autres applications vous aide à lâcher pris / prendre du recul / vivre l’instant à travers la narration de petits contes philosophiques.

Sur moi, cela ne fonctionne pas DU TOUT. C’est même l’inverse. Et pourtant, je suis de ceux qui peinent à passer un moment dans le silence. J’ai constamment besoin de stimulations sonores au quotidien. J’écoute des podcasts, de la musique, des vidéos, la radio quand je bosse, quand je cuisine, quand je lis. Tout le temps.

 

Alors pourquoi les méditations guidées ne prennent-elles pas sur moi ? Je crois que ces flots de paroles lentes, rythmées, monotones et uniformes s’apparentent, au mieux, à un bruit de fond. Au pire, ces méditations guidées m’énervent. Surtout, je ne les apprécie pas car elle me divertissent. Elles me détournent finalement de mon objet de méditation (ma respiration, par exemple) et du moment présent. Ceci dit, ce n’est que mon avis.

 

> Privilégier les méthodes de méditations « sensorielles »

Shabda, les sons. Si les méditations guidées me sont insupportables, j’apprécie particulièrement les techniques qui consistent à se concentrer sur les sons qui nous entourent. Je m’assieds en tailleur sur le sol, le dos droit, les épaules ouvertes, les yeux fermés et je commence par focaliser mon attention sur les sons plus lointains pour la porter ensuite sur les plus proches. Vice-et-versa. Si ces sons m’apaisent, c’est encore mieux ! 

 

Il y a environ six mois, j’ai découvert l’application gratuite Relax Melodies (il doit en exister d'autres). C’est une sorte de banque de boucles de sons parmi lesquels l’utilisateur se compose un paysage sonore en modulant le volume de chaque son sélectionné. Par exemple, vous pouvez imaginer et élaborer une forêt noyée sous la pluie et traversée par le vent. Cela peut aussi fonctionner avec des CDs de sons de la nature. 

Roopa, la vision. Parfois, lorsque je veux me forcer à accepter le silence, je penche plutôt pour des techniques de méditation visuelle. Toutes ne fonctionnent pas, par exemple celle de la pyramide qui consiste à voir se dessiner la base d’un triangle à l’inspiration, de la gauche vers la droite, puis à imaginer une ligne former le côté droit du triangle qui monte jusqu’au sommet de votre crâne, toujours à l’inspiration, avant de refermer le triangle en descendant vers votre genoux gauche, à l’expiration. Et ainsi de suite. Essayez !

 

La technique que j’apprécie le plus, la plus simple aussi à mon goût, est la suivante : assise en tailleur sur le sol, les yeux fermés, je visualise un paysage mental animé. Une sorte de gif animé, si vous voulez ! Il s’agit souvent d’un paysage désert dans lequel je me suis promenée seule et dont le souvenir m’apaise particulièrement. Je me concentre sur ma respiration tout en « observant » ce paysage. Ça me permet de me relaxer, tout en focalisant mon attention et en profitant du moment présent.

 

La « méditation gestuelle ». Les jours de bougeotte ou de grande agitation, je pratique deux sortes de méditation, pour lesquelles je n’ai malheureusement pas trouvé d’équivalent en français : flowering lotus meditation (à ne pas confondre avec blossoming lotus meditation, pour ceux qui voudraient effectuer des recherches) et blessing meditation. La première consiste à mimer avec ses bras la floraison d’un lotus, en synchronisant ses gestes sur les inspirations et les expirations. 

 

La seconde, elle, débute en plaçant la main droite sur le coeur et la gauche sur le ventre. Convoquer ce qu’il y a en vous d’amour, de pensées positives et bienveillantes (oui, ça sonne "bisounours" et alors ?). Imaginez ces intentions se concentrer et traverser le sommet de votre crâne pour se répandre dans tout votre corps pendant deux ou trois minutes. Puis tournez vos paumes vers l’extérieur, toujours au niveau du coeur, et visualisez les êtres importants pour vous. Propagez sur eux les sentiments positifs invoqués précédemment, toujours pendant deux ou trois minutes. Tournez ensuite vos paumes face à face et imaginez contenir le monde entier entre elles. Concentrez là tout ce que vous avez en vous de bienveillance, de lumière, etc., pendant encore deux ou trois minutes. Puis joignez vos main en anjali mudra pour montrer votre gratitude. 

 

Je me souviens qu'avant de pratiquer cette blessing meditation pour la première fois, je pensais : « oh la la, c’est un truc de hippie, amour et paix sur toi, bla bla bla ». C’est vous dire à quel point j’étais réticente. Et puis, je me suis appliquée à la faire. Au bout d’une ou deux minutes, je me suis mise à sourire. Pas par cynisme ou par gêne mais parce que j’étais… heureuse. Apaisée. Et à la fin de cette méditation, à peine une dizaine de minutes plus tard, je me suis mise à pleurer de joie. Comme quoi, il faut toujours prendre la peine de tout essayer avant de choisir ce qui nous convient ou non.

 

Conclusion

Vous le constatez, mon expérience de la méditation nécessite des techniques pour se concentrer sur un objet (pour certains, il s’agit de se focaliser uniquement sur leur respiration). J’en suis donc aux prémices. Cela me permet d’éviter tout bruit parasite, toute pensée. Certaines surgissent parfois. Au lieu de me dire : « non, non, non, il ne faut pas que tu penses » (ce qui amplifiera davantage le « bruit » des pensées), j’en prends conscience et je les repousse pour me focaliser à nouveau sur mon objet.

 

Il n’existe aucune façon de « bien » méditer. Les pistes mentionnées ci-dessus ne seront peut-être d’aucune aide pour vous. Aucun problème ! Seules compte l’exploration et la connaissance de ce qui vous bénéficie.

Dans le prochain article, je vous ferai une liste détaillée des différentes applications qui aident à débuter la méditation. J’en profiterai aussi pour vous dire quels ont été sur moi les bienfaits d’une pratique régulière. Histoire de continuer à vous encourager dans votre pratique ou simplement à vous inciter à vous lancer.

Bonne pratique :)

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