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Les cours de yoga en vidéo vs. "en réel"

12/15/2016

Plusieurs raisons peuvent empêcher l’aspirant yogi de pratiquer régulièrement avec un professeur, dans un cours, en studio, à domicile.

Ça n’aura échappé à personne, le prix des cours de yoga va crescendo à mesure que cette « activité » gagne en popularité. Cela dit, c’est souvent justifié, à cause du statut législatif et économique des professeurs de yoga et du temps passé à préparer, répéter, arranger les cours à donner. Le yoga se transforme alors en pratique de plus en plus élitiste - sauf à se tourner vers les associations. 

 

Élitiste aussi, parce qu’en dehors de Paris, les petites et moyennes villes de province manquent parfois de lieux où pratiquer, de professeurs vers lesquels se tourner. C’est de moins en moins vrai, justement grâce à la popularité montante du yoga. Mais il peut arriver que les choix qui nous sont offerts (les styles proposés, les professeurs, les cours) ne nous conviennent pas. J’ai connu les deux situations.

 

Mes débuts, des cours de Paris à Bali... puis en ligne

 

Comme raconté ici, j’ai travaillé et vécu à Paris où j’ai pu prendre des premiers cours de Hatha yoga, pendant un trimestre. Ces premières séances commençaient au son d’un gong sonné par Christian, alors tout nouveau professeur indépendant. Nous, la toute petite dizaine d’élèves, passions plusieurs minutes en début et fin de cours allongés ou assis sur nos tapis à ressentir notre respiration, au grès des instructions et des techniques énoncées par Christian. Le reste du temps, lors des asana, je me rappelle qu’il donnait peu d’indications et ajustait très peu manuellement, voire pas du tout.

 

J’ai quitté ces cours avant de quitter mon job, j’ai plié bagages et je m’en suis allée en Asie pour plusieurs mois. Lors d’une longue pause à Bali, je me suis inscrite au studio Radiantly alive pour prendre des cours quotidiens de Ashtanga et Vinyasa Flow. Là, dans ces cours tous niveaux confondus, nous étions environ vingt à trente élèves. Nous avions parfois quelques corrections manuelles sur notre alignement et quelques indications très précises. Mais la plupart du temps, nous étions livrés à nous-même, sans proposition de variation des postures qui pouvaient poser problème à chacun.

 

Rentrée en France, fauchée, j’ai emménagé à Rouen et le chômage à pointer son nez… pour s’installer un moment. Il n’était plus question de profiter d’un studio de yoga, de payer un abonnement ou ne serait-ce qu’un cours. Et je n’étais pas du tout prête à pratiquer seule chez moi sans être guidée - je n’aurais de toute façon pas su comment faire.

 

En bon enfant des internets, je me suis donc tournée vers « Google Guru », comme dirait l’un de mes professeurs. J’ai découvert les cours vidéo en ligne. Puisque les algorithmes sont mystérieux (et très orientés), je suis d’abord tombée sur les vidéos en anglais d’Adriene Mishler de Yoga with Adriene

 

 

 

J’ai parcouru sa chaîne Youtube, ses centaines de cours filmés gratuits, destinés plutôt aux débutants. Seule face caméra sur son tapis, elle s’adresse aux internautes et apprentis yogis comme si elle donnait un cours particulier. J’ai commencé par ses challenges Yoga Camp, des playlist qui compilait 31 cours de yoga à suivre en un mois, à raison de séances de 30 minutes à 1 heure . Boum ! J’ai rapidement boulotté toutes ses vidéos. 

 

Les avantages et les limites des cours vidéo en ligne

 

Grâce aux cours d'Adriene Mishler, je me suis reconnectée à ma respiration, j’ai repris possession de mon corps en douceur. Je suivais ses instructions, j’étais en mouvement et apaisée. Au fur et à mesure des leçons, j’avais vraiment l’impression de nouer un lien avec ce professeur (que je ne connaissais pourtant pas). Je me sentais vraiment faire du yoga, être plus en accord avec moi-même, plus en phase avec mon corps et mon esprit. Au bout de quelques mois, j’ai aussi senti que j’atteignais un palier. Ou plutôt que je m’enfermais dans une boucle. J’avais envie d’aller plus loin. 

 

Le hic, c’est que mon compte en banque se bornait à rester vide (le bougre). J’ai donc cherché d’autres vidéos en ligne gratuites. À l’époque, pas si lointaine, il n’existait aucune offre de qualité similaire en français. En tout cas, rien qui me convienne. Ou alors, tout bonnement, je ne tombais pas dessus - oui, hein, car internet est plutôt vaste. Et puis, au fur et à mesure de mes pérégrinations, j’ai croisé le studio néerlandais EkhartYoga. Le Graal ! Des milliers de cours en vidéo, pour tous les niveaux, tous les styles, donnés par des dizaines de professeurs confirmés. Après un mois d’essai, je me suis abonnée. Chaque mois me coûtait moins qu’un cours à l’unité sur Paris. Là, quelque part sur internet, j’ai trouvé « mes » professeurs préférés. Formés à donner des cours en ligne, leurs instructions précises et détaillés m’ont permis d’explorer en connaissance, d’essayer, de recommencer encore et encore, de m’auto-corriger.

 

 

De temps en temps, je m’autorisais à débourser un petit budget pour aller sur Paris et prendre un cours dans un studio. Certains m’apportaient beaucoup. Le professeur me corrigeait manuellement des postures que je pensais « maîtriser » et je ressentais des sensations différentes. Je me sentais grandie, alignée, mon corps travaillait beaucoup plus. Car parfois, la théorie transmise verbalement ne suffit pas à l’étudiant à intégrer la posture. Parfois, il faut juste la ressentir. Par exemple : en posture du "chien tête en bas", je saisissais bien qu’il fallait tourner les bras de l’intérieur vers l’extérieur, pousser dans l’interstice des doigts plutôt que sur les paumes des mains, éloigner les omoplates l’une de l’autre. D’ailleurs, je pensais le faire. Et pourtant, ce n’était pas le cas et je ne m’en suis aperçue que grâce au toucher d’un professeur, lors de ses corrections. 

 

Bénéficier in situ de l’enseignement des professeurs, c’est aussi pouvoir échanger, faire part de ses sensations ("est-ce normal si je ressens des picotements dans le bout des pieds en paschimottanasana ?" Non, ça veut dire que vous forcez trop sur les tendons !) et, surtout, recevoir des conseils adaptés à sa physiologie. Et ma pratique a complètement changé. C’est lors d’un cours encore qu’un professeur m’a informé de mon hyperlaxie. Cette déformation des tissus, des articulations, des ligaments, des muscles (au choix) les rend hyper élastiques. Ça peut paraître plutôt sympa et utile pour le yoga, mais non. Dans beaucoup de positions debout, mes genoux sont verrouillés, hyper tendus et cela abîme mes articulations qui travaillent trop. À force, ils s’usent et moi, j’ai mal. Avant qu’on m’en informe, je pensais que c’était normal et qu’il n’y avait rien à faire. Au contraire !

Attention, je ne remets pas en cause tous les avantages d’une pratique via vidéo : la facilité d’accès, la possibilité offerte de répéter encore et encore une séquence qui nous plaît, le prix des abonnements (qui incite à pratiquer plus souvent et régulièrement), la variété des styles et des professeurs parmi lesquels trouver son bonheur…


Mon conseil, pour tous ceux qui ne peuvent pas se permettre un abonnement dans un studio, auprès d’une association ou d’un prof, quelle que soit la raison, c’est de se lancer en vidéo. De pratiquer ainsi dans un premier temps, de profiter de l’abondance des cours en ligne pour se discipliner au quotidien, tout en prenant ponctuellement un cours « en réel ».

Bonne pratique et à bientôt !

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